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Editorial de juin - Les élections européennes

samedi 2 juin 2018

Contribution au débat sur les élections européennes à venir.

Comme l’a souligné le Président de la Commission Européenne, Jean-Claude Juncker, « même les plus grandes puissances pacifiques ne peuvent faire l’impasse sur des capacités de défense intégrées » [1]. Pour sa part, le Président de la République française, Emmanuel Macron, a souligné que « ce qui manque le plus à l’Europe aujourd’hui, cette Europe de la Défense, c’est une culture stratégique commune » [2].

Le SYNPER, pacifiste et européen, observe avec attention ce qui se passe actuellement en Europe. Nous sommes à un moment charnière. Et nous contribuons au débat [3]. Analyser l’information, la décrypter, savoir lutter contre les fausses informations et les manipulations : c’est aussi notre rôle, pour vous.

L’échec de la Communauté européenne de défense (CED), précédant la création de la Communauté européenne (CEE), est un spectre qui a rendu pendant des années toute discussion difficile. Et pourtant, aujourd’hui, l’idée d’une défense intégrée s’impose à nouveau.
La première raison est la nécessité de budgets efficients ou économes alors qu’il y a augmentation des menaces. C’est une situation qui invite les États à renforcer leurs coopérations.
Mais une autre motivation a fait son apparition : l’accession au pouvoir de Donald Trump. Il avait qualifié l’OTAN d’« obsolète » durant sa campagne. Au pouvoir, il a menacé de renoncer à l’automatisme prévu par l’article 5 du traité transatlantique qui prévoit une riposte collective des États membres en cas d’attaque contre l’un des leurs. Dans ces conditions, l’Europe a toutes les raisons pour vouloir développer des capacités de défenses intégrées [4].

Comme le souligne Françoise Grossetête, rapporteure auprès du Parlement en charge de la création d’un Fonds européen de défense, l’enjeu est simple : protéger les citoyens européens. Les nouveaux outils mis en place [5] sont plus complexes. Mais ils suivent la logique fondatrice de l’Union Européenne : le principe libéral d’efficacité économique qui réside dans la suppression des obstacles pour permettre au marché de proposer des solutions permettant d’améliorer les capacités de défense commune. Il faut aider l’industrie de défense à aller vers plus de recherche et de capacités intégrées. Il s’agit de pouvoir répondre en coopérant ensemble aux besoins auxquels les industries nationales seules ne peuvent plus répondre. Le fonds, incitatif, doit permettre de motiver les industriels à une coopération et de mobiliser les états membres sur des projets communs.

La loi de décentralisation, dite loi NOTRe de 2015, a confié aux Régions la responsabilité exclusive de la définition des orientations en matière de développement économique sur son territoire. L’Île-de-France occupe une place prééminente dans l’industrie nationale aéronautique spatiale et de défense (ASD), accueillant sur son territoire les intégrateurs Airbus, Dassault aviation, Ariane Group et Safran engines, les équipementiers comme Goodrich, Thales, ou encore les activités d’équipement aéronautique de Safran. Ce sont près de 100 000 emplois répartis au sein de plus de 2 000 établissements !

C’est dans ce contexte d’attentes très fortes qu’auront lieu les élections européennes. Or, ces élections sont incertaines. Au moment où nous avons une remontée des menaces qui rendent plus que nécessaire le renforcement de l’Europe afin qu’elle continue à garantir la paix, le modèle est agressivement attaqué par l’extrême-droite et l’extrême-gauche, hostiles à l’Europe et à son modèle libéral.

Ceux qui défendent une France forte en la sortant de l’Europe, au nom du patriotisme pour les uns, ou du Venezuela pour les autres, mentent de façon éhontée. On est plus fort ensemble, et le monde réel le sait. Face à des menaces et des risques divers, chaque acteur doit être pleinement engagé, mais aucun ne peut prétendre apporter seul la réponse. Nos partenaires sont, au premier chef, les États membres de l’Union Européenne avec lesquels la France s’est reconnue, depuis plus d’un demi-siècle, une véritable communauté de destin. Espérons que, comme les fourmis, les électeurs gardent les pieds sur terre. L’enjeu est élevé.

Le SYNPER est un syndicat 100% différent, qui pense différemment et le dit ! Être apolitique ce n’est pas être neutre. Nous défendrons toujours la liberté.


[1Citation extraite de : Orientations politiques pour la nouvelle Commission, 15 juillet 2014

[2Citation extraite de : Initiative pour l’Europe, discours de la Sorbonne, 26 septembre 2017

[3‘‘Les prochaines élections du Parlement Européen se tiendront entre le 23 et le 26 mai 2019. Nous y serons vite. C’est déjà la neuvième fois que les citoyens de l’Union Européenne se rassembleront pour élire leurs représentants au Parlement Européen’’, a déclaré la rapporteure du Parlement Danuta Hübner (PPE, PL).
Et n’oubliez pas que la première Présidente du Parlement a été Simone Veil. Le Conseil régional a donné à son hémicycle son nom. Et son nouveau siège est au 2, rue Simone Veil à Saint-Ouen (93).
Quelles sont les dates des prochaines élections :
https://www.service-public.fr/particuliers/vosdroits/F1939

[4voir Le Monde Diplomatique, L’Europe sans voix face à Trump ? https://blog.mondediplo.net/2016-12-12-L-Europe-sans-voix-face-a-Trump
Le Traité de l’Atlantique Nord
https://www.nato.int/cps/fr/natolive/official_texts_17120.htm

[5C’est dans ce contexte que trois nouveaux outils ont été créés : 1) Le lancement d’un examen annuel coordonné en matière de défense (EACD) pour renforcer la coopération entre les États membres dans le domaine de la défense ; en d’autres termes, les budgets de la défenses de chaque pays sont passés en revue pour trouver les convergences entre les états membres et les possibles mutualisation ou coopération. 2) La mise en place d’une coopération structurée permanente (CSP) pour renforcer la coopération en matière de défense entre les États membres désireux d’approfondir cette coopération. 3) Et surtout, la création d’un Fonds européen de défense, qui vise à renforcer les capacités de l’Union en matière de défense, notamment par des leviers financiers incitatifs à une coopération accrue entre États membres. La France, au travers de Françoise Grossetête, rapporteure de la résolution législative, y a joué un rôle de premier plan. Dans sa carrière elle a été conseillère régionale du Rhône-Alpes, devenue Région Auvergne-Rhône-Alpes.