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Petite réflexion de philosophie syndicale au milieu d’une grève... (épisode 4)

mardi 17 décembre 2019

Episode 4 de la chronique - Est-ce que ce monde du dialogue social est sérieux ?

Il est du syndicalisme comme de la démocratie. Il y a la démocratie de la lutte des classes, c’est la barbarie et la dégringolade économique ; et il a y la démocratie libérale, c’est la paix et la création de mieux-être.

Le syndicalisme français est très ancré dans une tradition de lutte des classes, avec ses grèves préventives et son refus de négociation, sa volonté de cogestion et son irrespect profond de la légitimité démocratique du gouvernement.

Si certains lui voient des circonstances atténuantes en ce que cette lutte aurait permis les avancées sociales de notre pays - ce qui peut être interrogé car d’autres pays avec des traditions pacifiques, ont obtenu des avancées comparables - l’urgence n’est pas dans cette analyse historique, mais bien dans le constat qu’aujourd’hui un tel syndicalisme est inadapté.

Il ne s’agit pas de savoir quel est le meilleur syndicalisme. Mais de savoir de quel syndicalisme nous avons besoin aujourd’hui.

Aujourd’hui, nous avons besoin d’une négociation fine, qui n’est plus dans le quantitatif des trente glorieuses, où l’on pouvait être dans le « toujours plus », mais dans une réflexion qualitative, où il faut trouver des marges de manœuvre qui ne sont plus favorisées par une croissance à deux chiffres.

Un conflit social, dans un contexte où les économies sont interpénétrées (et la lenteur de la mise en place du Brexit le souligne), est coûteux pour tout le monde. En dégradant la situation économique, ceux qui demandent auront encore moins à demander et ceux qui doivent donner auront encore moins à donner. Il est de l’intérêt des deux parties de trouver une solution négociée.

Si le gouvernement l’a bien compris, confirmant la nécessité de la réforme, mais acceptant d’en négocier les contours, les syndicats démontrent aujourd’hui plus que leur inutilité. Nous arrivons à une situation ubuesque où le gouvernement joue les deux rôles, celui qui impose une réforme nécessaire et celui qui la négocie, faute de partenaire avec qui la faire. Aussi, voit-on le gouvernement décrire comment il a œuvré pour rétablir un équilibre face à l’inégalité entre les femmes et les hommes devant les retraites, ou bien comment il va travailler au bien de tous, en améliorant le système général et en refusant le système inégalitaire des régimes de retraite spécifiques. Cela devrait être le travail des négociateurs sociaux. On pourrait se demander ce que font ces derniers à défendre l’inégalité sous toutes ses formes...

Est-ce que ce monde du dialogue social est sérieux ? Ne croyez-vous pas qu’il serait temps que les citoyens s’emparent de leur représentation. Celle-ci est laissée à des représentants qui ne jouent pas leur rôle, pourtant nécessaire, et même plus nécessaire que jamais. C’est la volonté de ceux qui rejoignent le SYNPER.


Voir les autres chroniques de la grève :

17 février - Episode 9 de la chronique - Imposture du réformisme.
13 janvier 2020 - Episode 8 de la chronique - Réforme des retraites ? une fin en conte de fées ?
30 décembre - Episode 7 de la chronique - Reprendre possession du syndicalisme
21 décembre - Episode 6 de la chronique - Le jeu de dupe
19 décembre - Episode 5 de la chronique - Y-a-t-il quelqu’un pour négocier ?
15 décembre - Episode 3 de la chronique - La contre-performance.
12 décembre - Episode 2 de la chronique - La cfdt était-elle différente ?
10 décembre - Episode 1 de la chronique - Qui est le fautif ? ?

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