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Petite réflexion de philosophie syndicale au milieu d’une grève... (épisode 5)

jeudi 19 décembre 2019

Episode 5 de la chronique - Y-a-t-il quelqu’un pour négocier ?

Ne pas s’opposer à un projet démocratique, mais y faire entendre la voix des travailleurs, devrait être la démarche de toutes les organisations syndicales.

Regardons le paysage pour mieux le comprendre : D’un côté, il y a la légitimité démocratique, celle issue des élections citoyennes. C’est l’intérêt général. De l’autre, il y a la légitimité des lobbys où des défenseurs d’intérêts spécifiques. Ce sont les intérêts particuliers.

Le Gouvernement propose les lois qui régissent la France. Il est aussi responsable devant le Parlement. Le Parlement est composé de deux chambres : l’ Assemblée nationale et le Sénat. Son rôle est de discuter et de voter les lois proposées par le Gouvernement et aussi, de contrôler l’action de ce dernier. Cette régulation est celle prévue par notre régime démocratique.

Les syndicats représentent les intérêts de leurs membres et non pas de la nation. Ils s’assurent de la bonne prise en considération de leurs intérêts dans les réformes proposées par le gouvernement et votées par le parlement. Il participe à un dialogue social qui éclaire, suggère, fait pression. La grève est l’une des dernières modalités de ce dialogue, sachant que la République française interdit les grèves politiques. C’est le fonctionnement prévu par notre République.

Actuellement, pour défendre 42 systèmes de retraites spécifiques contre l’universalisation du régime général, des organisations syndicales s’unissent pour bloquer le pays et mettre à genou le gouvernement. Ces vagues de grèves sont catégorielles et, malgré une propagande syndicale intense, ne parviennent pas à rallier l’ensemble des travailleurs. En effet, comme l’a souligné le SYNPER, les travailleurs souffrent de la segmentation du régime de retraite bloquant leur mobilité, ils ont donc intérêt à la mise en place d’un régime de retraite universel. Ils n’ont aucun intérêt à défendre des régimes de privilégiés. Un diagnostic que fait également Les Echos, dans son article Pari perdu, de Jean-Francis Pécresse du 17 décembre 2019. Il n’y aura pas de révolution pour soutenir les privilèges. C’est l’égalité qui mobilise !

Les syndicats classiques s’inscrivent comme les dignes héritiers de Karl Marx et de la nostalgie de la dictature du prolétariat. « J’ai raison, contre tous, et donc je peux utiliser la violence ». Avec le paradoxe bien connu qu’à force de ne plus rendre de comptes, on ne se rend plus compte que l’on défend n’importe quoi. Les révolutionnaires français défendent actuellement les privilèges, ce qui, sommes toute, n’est pas étonnant. L’histoire montre que la logique communiste est incompatible avec la défense sincère des travailleurs :
- Le Solidarność s’est crée en Pologne pour renverser un syndicalisme communiste devenu n’importe quoi.
- Le régime soviétique est venu nous apporter le terme apparatchik. Il dénonce les rentiers d’un système qui devrait être de répartition, mais qui est en réalité de spoliation.

Pour le SYNPER les intérêts particuliers que nous défendons doivent se faire entendre pour être reconnus dans la réforme politique d’intérêt général proposée. Nous n’avons jamais été adeptes de la violence de la lutte de classes mais bien du dialogue, et notre force de persuasion vient d’une approche démocratique du syndicalisme, avec des négociations anticipées et préparées ensemble, c’est ce qu’attendent les travailleurs d’aujourd’hui.

Emmanuel Macron propose une porte de sortie aux syndicats, qui ne peuvent que constater le fait qu’il n’est pas tenable de vouloir maintenir des régimes de retraite favorisant certains et handicapant d’autres. Il invite à négocier l’âge pivot de départ à la retraite, une négociation plus crédible pour les syndicats face aux travailleurs. Il est stupéfiant de voir que la politique syndicale est si désastreuse qu’il en revient au Président de la République d’ouvrir des pistes de négociation intelligente. C’est ainsi que le chef de l’Etat a fait savoir, le 18 décembre, qu’il envisage notamment "une amélioration possible autour de l’âge pivot" du départ à la retraite.

Mais ces pistes seront-elles suivies par des syndicats qui se réclament du réformisme, mais n’ont pas coupé leur cordon ombilical avec une logique de lutte de classes ? La CFDT ou l’UNSA se sont mobilisés dans ce qu’il faut bien appeler une grève politique contre Emmanuel Macron dès le début de son mandat, pour s’opposer à son programme politique jugé trop libéral et pourtant approuvé par le suffrage démocratique des Français. Le gouvernent appelle à la raison les syndicats réformistes, mais la dialectique est faussée : il n’y a pas de réformisme quand on se revendique de la charte d’Amiens donnant aux syndicats la tâche des politiques : celle de changer la société.


Voir les autres chroniques de la grève :

17 février - Episode 9 de la chronique - Imposture du réformisme.
13 janvier 2020 - Episode 8 de la chronique - Réforme des retraites ? une fin en conte de fées ?
30 décembre - Episode 7 de la chronique - Reprendre possession du syndicalisme
21 décembre - Episode 6 de la chronique - Le jeu de dupe
18 décembre - Episode 4 de la chronique - Est-ce que ce monde du dialogue social est sérieux ?
15 décembre - Episode 3 de la chronique - La contre-performance.
12 décembre - Episode 2 de la chronique - La cfdt était-elle différente ?
10 décembre - Episode 1 de la chronique - Qui est le fautif ? ?
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