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Edito du 10 octobre 2017

mardi 10 octobre 2017

L’ensemble des syndicats de la fonction publique appellent à une journée de grève et de manifestations pour protester contre les mesures du gouvernement. Une première depuis dix ans. Une forte mobilisation est attendue, et pourtant, avant même que le décompte soit fait, on sent un profond malaise, partagé par le SYNPER qui n’a pas joint un mot d’ordre local au mot d’ordre national dûment relayé. Pourquoi ?

La démarche conflictuelle même ne permettait pas aux citoyens d’y adhérer. La décision de réforme de la fonction publique a été validée par deux suffrages universels directs, celui de la présidentielle, puis celui des législatives. La défense corporatiste des fonctionnaires a sa légitimité mais aussi sa limite. Elle l’a ici trouvée. Le fonctionnaire est aussi un citoyen et est capable de délibérer sur l’équilibre à trouver entre l’intérêt général et l’intérêt corporatiste. C’est un élément de maturité de notre démocratie.

La nécessité de réforme de notre pays est très grande. La grève liait la CSG, la fin de l’ISF et le gel du point d’indice [1]. Or, les fonctionnaires bénéficient, en termes de pouvoir d’achat, des décisions prises à la fin du quinquennat Hollande : une hausse du point d’indice et le protocole Parcours professionnels, carrières et rémunérations (PPCR) qui vient modifier 450 textes. Par ailleurs, la contestation frontale de la CSG, qui s’oppose aux impôts classiques, est également contestable. L’inflation est très réduite et le coût du PPCR sur les finances publiques représente près de 4 milliards d’euros par an à l’horizon 2020.

Dans ce contexte, le financement des dépenses publiques, est une question sensible qui n’échappe pas aux citoyens. Mité par les niches fiscales et les exonérations, l’impôt sur le revenu (IR) n’était acquitté que par 42,3% des foyers fiscaux en 2016 selon le rapport de la Direction générale des Finances publiques (DGFiP) paru fin juillet. Cette proportion est en constante diminution. Elle s’élevait à 45,6% en 2015 et à 50% en 2012. 10% des ménages paient 70% de l’impôt. La CSG est donc une astuce pour permette de lever des fonds sur tout le monde parce que l’impôt classique ne le permet plus. On peut en critiquer le moyen mais non l’objectif. Le citoyen le sait. Le conflit n’est donc pas une mesure appropriée de contestation.

En réalité le fond du problème est que le principe de réalité économique est nié par les organisations syndicales classiques. De façon surprenante, même celles se revendiquant du réformisme, ce qui démontrent, qu’elles se placent également en héritiers du marxisme. Le ticket de rationnement et les camps d’internement qu’il a provoqués ne semblent pas avoir désillusionné ces acteurs. La mondialisation et la nécessité de défendre autrement notre modèle social, notamment au travers de l’Europe, est un débat délaissé. Il est temps que les salariés, qui sont également des citoyens, s’emparent de la démocratie sociale pour obtenir une représentation équilibrée de leurs intérêts. Cette possibilité leur est ouverte à l’occasion des élections professionnelles de décembre 2018 où ils pourront donner leur voix aux organisations syndicales de leur choix.


[1S’inscrivant dans la ligne de Mélenchon, la cgt du conseil régional d’Île-de-France s’exclame : “On fait des cadeaux aux plus riches (suppression de l’ISF) et on tape sur les fonctionnaires qui coutent trop cher !!!”. (Communiqué du 9 octobre 2017 de 12:47)

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