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Petite réflexion de philosophie syndicale au milieu d’une grève... (épisode 9)

lundi 17 février 2020

Episode 8 de la chronique - L’imposture du réformisme

Les analyses sur la folie de ces grèves contre une réforme des retraites se réfugient derrière une présentation confortable intellectuellement : il y aurait les barbares, les syndicats révolutionnaires, et les civilisés, les syndicats réformistes. Il y a ceux qui ne veulent rien entendre et ceux avec qui il serait possible de discuter. Et si cette analyse était complètement fausse ?

En effet, la grève qui a frappé les transports en commun, a été menée, en premier lieu, par des syndicats dits réformistes. La CFDT Cheminots a été rejointe par sa fédération dans son opposition frontale au projet. Le leader de la RATP traction s’est enorgueilli de dire qu’il était prêt à aller jusqu’au bout. La grille d’analyse proposant un symétrique, avec un côté les « méchants » et de l’autre les « gentils » était donc d’emblée fausse. En réalité, les syndicats traditionnels fonctionnent avec le même logiciel : ils ne savent mobiliser que « contre » quelque chose. La grève de ce lundi 17 février 2020 dans les transports publics répond à un appel de l’UNSA comme de SUD.

La différence est dans la trahison. Après avoir mobilisé « contre », les syndicats réformistes vont être obligés de faire machine arrière au grand mécontentement de ceux qui les ont suivis. On le voit pour la CFDT, on le verra pour l’UNSA. En effet, la réforme des retraites est nécessaire. On ne peut pas continuer à porter des régimes spéciaux déficitaires. La fin des régimes spéciaux présente, au-delà de cette saine recherche d’équilibre financier, un élément d’égalité républicaine salutaire ; s’y opposer était une erreur pour ceux qui défendent la solidarité. Au lieu d’expliqué cette réalité à leur adhérent, les syndicats dits réformistes font en réalité comme les autres : ils disent aux gens ce qu’ils veulent entendre. Or, défendre sérieusement les salariés c’est aussi savoir expliquer les choses difficiles. Le gouvernement aura sans doute l’amabilité de faire croire que ce conflit a servi à quelque chose, bien qu’il ait surtout démontré l’incapacité des syndicats à négocier quoi que ce soit.

C’est là où le SYNPER apporte un vrai changement dans le syndicalisme. Car la difficulté d’un syndicalisme qui veut agir autrement que par la révolution, c’est deux choses :
-  Préféré la négociation à l’opposition  : en effet, nul ne détient la vérité et partager une culture du dialogue permet aux deux cas de progresser.
-  Savoir partager une culture différente de celle de la lutte des classes, pour offrir à l’adhérent autre chose qu’un conflit : organiser des propositions pour l’amélioration concrète des conditions de travail.

Ce conflit aura montré que ceux qui se réclament du réformisme n’en portent pas les valeurs : ils ont fait du populisme, excitant la base dans la crainte de la perdre, pour ensuite faire du réalisme et accepté un projet au risque de perdre définitivement une base désillusionnée. Ils ont trahi leur rôle de corps intermédiaire renonçant à expliquer et à débattre, préférant les slogans et la grève préventive, désertant le travail constructif de négociation.

Encore une fois, l’Etat était seul à devoir faire les choix difficiles. Or, nul n’a raison seul. « Les syndicats français sont habitués à négocier le progrès social sans tenir compte de nos capacités financières. la plupart des partis politiques également. C’est ainsi qu’en 40 ans la dette publique est passée de 20 à 100% du PIB. », souligne Jean Arthuis.

Il est temps que le SYNPER se développe davantage encore pour apporter la voix des travailleurs, les vrais, aurait-on envie d’ajouter, dans la négociation dont nos sociétés en transition ont tant besoin.

Nos autres chroniques :

13 janvier 2020 - Episode 8 de la chronique - Réforme des retraites ? une fin en conte de fées ?
30 décembre - Episode 7 de la chronique - reprendre possession du syndicalisme.
21 décembre - Episode 6 de la chronique - Le jeu de dupe
19 décembre - Episode 5 de la chronique - Y-a-t-il quelqu’un pour négocier ?
18 décembre - Episode 4 de la chronique - Est-ce que ce monde du dialogue social est sérieux ?
15 décembre - Episode 3 de la chronique - La contre-performance.
12 décembre - Episode 2 de la chronique - La cfdt était-elle différente ?
10 décembre - Episode 1 de la chronique - Qui est le fautif ? ?

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