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Petite réflexion de philosophie syndicale au milieu d’une grève... (épisode 8)

lundi 13 janvier 2020

Episode 8 de la chronique - Réforme des retraites ? une fin en conte de fées ?

C’est la fin de l’histoire, on le sent. Tout le monde sera heureux. Le scénario est bien fait. Le gouvernement, princier, a proposé le report de l’âge pivot, et les syndicats, acharnés, ont bien défendu les agents et obtenu cet acquis ! Alors, comme dans les contes de fées, gouvernement et syndicats vécurent heureux pendant des années.

La réalité semble un peu différente. Beaucoup plus cynique.

La réforme est nécessaire, nos retraites deviennent plus coûteuses avec nos vies qui rallongent. S’ajoute le fait que la vie de retraité, notamment avec la dépendance, devient elle-même plus coûteuse. Il y a là un problème de société pour lequel le gouvernement propose des solutions. On peut les trouver insuffisantes, non satisfaisantes, à côté de la plaque, mais encore faut-il proposer autre chose - de réaliste - et négocier. Or, c’est dans les réformes difficiles que le syndicalisme français est nul : il fuit.

Les syndicats révolutionnaires avaient décidé de ne rien accepter, voire de revendiquer un départ à la retraite encore plus tôt, histoire d’être sûrs que la négociation échoue. 60 ans dit la CGT ? qui dit mieux ?

Les syndicats dit « réformistes » ne pouvaient pas accepter, d’un part de peur de perdre des adhérents dans un jeu de surenchère très bien mené par les syndicats révolutionnaires qui les auraient fait apparaitre comme mous, et d’autre part que leurs adhérents, justement, avaient déjà décidé de refuser la réforme. La CFDT cheminot était en grève pendant que la CFDT négociait, et l’UNSA Ratp criait vouloir aller jusqu’au bout. Dans ces conditions, sauf à accepter de perdre ces syndicats, il faut bien aller dans le conflit.

Face à des partenaires sociaux qui ne voulaient rien entendre, le gouvernement ne pouvait que revêtir le rôle du « méchant ». Il l’a fait avec brio ! Même la droite, avec une mauvaise foi sans complexe, c’est mise à le critiquer. Sans surprise ni courage, la gauche, qui s’est refusé à voir la démarche égalitaire qui préside à la suppression des régimes spéciaux, l’a critiquée également.

Mais, après ce ring de boxe, où ceux qui s’en sont pris plein la figure étaient ceux qui cherchaient à aller au travail, malgré le manque de transport en commun, le gong a sonné.

Un combat truqué.

C’est le gouvernement qui a, à nouveau, proposé quelque chose : le report de la discussion sur l’âge pivot. Et là, tout le monde va se féliciter, les uns d’avoir su ouvrir une porte, les autres d’avoir forcé la porte, et on va arrêter la grève générale pour mettre à terre l’économie, au grand désespoir des révolutionnaires.

Une victoire ? Pas vraiement : c’est une nouvelle démonstration d’un dialogue social impossible, si ce n’est dans la caricature, la défiance, le cynisme, les postures.

Il serait temps de faire un autre syndicalisme, et pourquoi pas avec le SYNPER.

Nos autres chroniques :

17 février - Episode 9 de la chronique - Imposture du réformisme.
30 décembre - Episode 7 de la chronique - reprendre possession du syndicalisme.
21 décembre - Episode 6 de la chronique - Le jeu de dupe
19 décembre - Episode 5 de la chronique - Y-a-t-il quelqu’un pour négocier ?
18 décembre - Episode 4 de la chronique - Est-ce que ce monde du dialogue social est sérieux ?
15 décembre - Episode 3 de la chronique - La contre-performance.
12 décembre - Episode 2 de la chronique - La cfdt était-elle différente ?
10 décembre - Episode 1 de la chronique - Qui est le fautif ? ?