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Quoi de nouveau en juillet ?

lundi 1er juillet 2019, par La responsable de communication

Ce mois de juillet marque deux anniversaires :

  • Celui de la dissolution du pacte de Varsovie, le 1er juillet 1991
  • Celui de la création du parti communiste chinois le 1er juillet 1922

C’est l’occasion, pour Lily la fourmi, de faire un point sur l’évolution du monde et notamment sur ces deux géants que sont la Russie et la Chine.

« Les relations entre les États-Unis et la Chine façonneront le XXIe siècle », a déclaré le Président américain Barack Obama. De l’autre côté de la planète, notre ministre de l’Europe et des affaires étrangères affirme : « Pour que l’Europe devienne une puissance de régulation, devienne une puissance capable de refonder avec d’autres le multilatéralisme, il faut qu’elle sorte de son innocence et qu’elle s’affirme déjà comme puissance ». Derrière ces jeux de puissance sont des milliers d’emplois.

Pour nous, défendre les travailleurs dans le monde d’aujourd’hui, c’est d’abord comprendre ce monde et partager cette analyse. Nous sommes dans un monde traversé par de profondes ruptures, qu’il faut identifier, mais aussi des mouvements de fond, qu’il faut également percevoir. Croire que ces dynamiques ne nous concernent pas serait la première erreur. Nous avons toujours été liés, mais nous le sommes de plus en plus… et voici une introduction aux débats qui nourriront notre réunion à venir sur deux axes : la Russie, la Chine et nous.

La Russie

La fin du pacte de Varsovie : la défaite de “l’impérialisme” communiste.

Le pacte de Varsovie était l’alliance militaire du bloc communiste dirigée par Moscou,. Il est conclu le 14 mai 1955 dans le cadre de la guerre froide comme un contrepoids à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) qui avait vu le jour en avril 1949.

L’alliance issue du pacte de Varsovie est dissoute en juillet 1991, après une vague de mouvements populaires pour la (vraie) démocratie (libérale) dans les pays du bloc communiste (dit des démocraties populaires), notamment en Pologne, en Hongrie et en Tchécoslovaquie, ainsi qu’en Allemagne de l’Est en Roumanie et en Albanie.

L’inquiétude nouvelle que génère la Russie : le non renoncement au totalitarisme et à l’expansionnisme, où l’exemple de la Crimée

Le rappel constant de la France de sa condamnation de l’annexion du Donbass et de la Crimée marque son soutien à la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine dans le cadre de ses frontières internationalement reconnues, et montre que le danger venu de l’Est n’a pas disparu. La France a soutenu, comme l’ensemble des Etats membres de l’Union Européenne, le renouvellement des sanctions contre la Russie lors du Conseil Européen du 20 juin 2019.

L’Europe de l’atlantique à l’Oural, une vision gaullienne qui perdure : l’exemple de la défense de l’Organisation paneuropéenne du Conseil de l’Europe

La France se refuse à une position d’exclusion ou d’opposition, dans une continuation de la tradition gaullienne, suivant la conviction que lorsqu’elle ne sera plus ni totalitaire ni expansionniste, l’URSS contribuera à l’équilibre indispensable à la Paix.

Défendant ce qui nous unit, la France qui assure actuellement la présidence du Conseil de l’Europe pour un semestre, a ainsi rappelé que l’appartenance de la Russie au Conseil de l’Europe est dans l’intérêt même des citoyens russes, qui doivent pouvoir continuer à bénéficier de la protection de ses organes et avoir accès à la Cour Européenne des droits de l’Homme, principal instrument de protection des droits de l’Homme en Europe. Ces efforts français vont permettre le retour à l’Assemblée Parlementaire d’une délégation russe absente depuis 2014 et menaçant de la quitter définitivement.

La Chine

La parti unique et le totalitarisme chinois : Tian’annen.

Depuis son premier congrès de 1922, dont on faisait allusion en ce début d’article, où, au sein de la concession française de Shanghai, le parti communiste chinois est devenu le parti dirigeant la République Populaire de Chine, et, en réalité, le parti unique. La reconnaissance de la République Populaire de Chine par de Gaulle, avant l’ONU ou les Etats-Unis, mais après l’URSS, s’inscrit dans sa politique de souveraineté face aux superpuissances.
Le totalitarisme chinois a été rappelé à l’occasion de l’anniversaire de la répression sanglante le 4 juin 1989 des manifestations libérales de la place Tian’anmen réclamant la démocratie (épisode du « Printemps de Pékin »).
Le laogai est un camp de rééducation par le travail en République Populaire de Chine. De par son usage au service de l’appareil répressif de l’État, il est communément considéré comme l’équivalent du goulag soviétique. Toujours en activité, les laogai ont fait souffrir plus de deux fois plus de personnes que les goulags.

Un totalitarisme relooké par le “soft power”

La “main de fer” se cache aujourd’hui davantage dans un “gant de velours”. Sur la place Tian’anmen, la reconnaissance faciale permet d’arrêter tout dissident avant qu’il ne passe à l’action. L’internet est soumis à un contrôle de tous les instants.

Le soft power (en mandarin ruan shili ou 軟實力), a été officiellement adopté par le gouvernement chinois comme un principe politique dès 2007, au 17e Congrès du Parti. Il s’agit d’un ensemble d’actions, qui se décline par zone, en vue de séduire et convaincre de la pertinence des positions confortant les intérêts chinois. Un exemple est la multiplication des Instituts Confucius de par le monde pour promouvoir la culture chinois sur le modèle de nos instituts français, mais avec bien plus de moyens.

La construction d’une superpuissance par les nouvelles routes de la soie

Les « Nouvelles routes de la soie » se construisent à coup de Yuan. Il s’agit d’un projet de routes maritimes et terrestres destinées à relier les continents entre eux dans un commerce mondial où la Chine se veut le centre. Pour cela, la République Populaire de Chine propose aux pays en développement, mais pas seulement, de construire des infrastructures (routes, rails et ports essentiellement), assorties des financements nécessaires via l’Exim Bank et assurées par des entreprises exclusivement chinoises. L’exemple du canal de Suez, que la France et les Anglais voulaient sous leur protection, et que Nasser voulait rendre au Égyptiens (avec l’aide des soviétiques), devient un « nouveau canal de Suez » avec les Chinois, pour qui cette route maritime est névralgique.

La Commission Européenne a publié, le 12 mars, un document d’orientation en dix points sur la stratégie à suivre à l’égard de la Chine, dans lequel elle la désigne comme un « concurrent » et « un rival systémique ». Mais dès le 23 mars, l’Italie est devenue le premier membre du groupe du G7 à s’associer au projet chinois d’infrastructures des « Nouvelles routes de la soie », après que la Grèce ait déjà confié son port du Pirée…
La France a rappelé que les routes qui sont construites fonctionnent dans les deux sens et notre engagement pour une concurrence équitable.

Derrière cette redistribution des flux commerciaux dans le monde, c’est la place du travailleur français et européen, de son modèle économique et social qui est en jeu.

Que ce soit devant l’échiquier russe comme devant le goban chinois, les européens, qui déplacent chacun leur pièce en ordre dispersé, ne peuvent espérer l’emporter avec une telle stratégie !

C’est une des raisons pour lesquelles le SYNPER est farouchement européen. Et qu’il trouve inconséquent le syndicalisme classique sur ces sujets vitaux.

Le mercredi 10 juillet, le SYNPER fera une grande réunion dans l’auditorium de Saint-Ouen sur le libéralisme. Après le succès de notre réunion en mai sur l’Europe, nous invitions les non adhérents qui souhaitent y participer à nous contacter.

Le SYNPER est le syndicat du XXIème siècle. Il vous montre un autre syndicalisme. Celui du monde où nous sommes.