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Les métiers territoriaux dans les collèges et les lycées

lundi 7 mars 2011, par synper

I - Etre ATTEE c’est avoir des métiers très variés...

Représentant plus de huit milles agents au conseil régional d’Île-de-France et près de mille dans chaque département francilien, les Adjoints techniques territoriaux des établissements d’enseignement (ATTEE) forment un cadre d’emploi très important dans la fonction publique territoriale francilienne. Les métiers sont très variés et nous vous proposons de les découvrir.

Le cadre d’emplois des ATTEE est assez vague et souple. Les fonctions exercées ont nécessité de la part des différents employeurs franciliens une définition plus claire. Illustrant cette démarche, vous découvrirez ci-après, le travail présenté et adopté au CTP du 7 mars 2011 de la Région Île-de-France .

Les métiers territoriaux dans les lycées de la Région île-de-France
La démarche et le glossaire
Les métiers d’encadrement
Les métiers d’entretien
Le magasinage
Les métiers de la maintenance

Le cas de l’informatique a été oublié par la collectivité. Et pourquoi ? Puisque la Région dote en équipement ! Elle pourrait assurer la maintenance... [1]
Le SYNPER a demandé à ce que la Région Île-de-France mette en place un accès à ces fonctions lors du CTP du 15 mars 2012.
Mais d’autres priorités amènent la Région a vouloir y placer des emplois d’avenir ce qui posera de nouveaux problèmes...

II - ... mais c’est aussi être dans un cadre d’emplois bloquant dénoncé par le SYNPER et la FA-FPT.

a) Des changements d’affectation difficiles

La Gazette, 14 juin 2010, pages 76 et 77, Les anciens TOS plébiscitent la FPT
Interviewé par le journal, Jean-Christophe FLEURY, représentant la FA-FPT, dénonce les difficultés de la mobilité : « Auparavant, les mutations étant académiques, les agents pouvaient facilement passer d’un lycée à un collège. On effectuait environ cinq ans dans un établissement important, puis on pouvait en changer. Aujourd’hui, les mobilités entre collectivités étant compliquées - il faut réussir à se "vendre" - les mutations, au sein d’un même bassin d’emploi, entre un lycée géré par la région et un collège géré par le département, sont moins faciles et systématiques. ».

b) Une évolution de carrière quasi impossible

Le SYNPER a été le premier syndicat à demander à la Région Île-de-France d’intégrer les ATTEE dans un autre cadre d’emploi, afin de faciliter leur déroulé de carrière. En effet, être ATTEE, c’est « vivre et mourir dans un lycée ou un collège ». Les fonctions du cadre d’emploi ne peuvent pas être rempli ailleurs, dans les parcs et jardins, auprès des ingénieurs chargés de la construction ou en tant qu’hôtesse d’accueil au siège. Or, les fonctions exercées par les ATTEE sont pénibles et usantes. Il faut pouvoir en changer et exercer d’autres métiers. Pour cela il faut quitter ce cadre d’emplois.

CTP de la Région Île-de-France en date du 8 décembre 2011
Intervention de Vincent CALLIES : « Le cadre statutaire des ATTEE n’est pas adapté. Le SYNPER vous a demandé lors d’un précédent CTP la possibilité de leur détachement et intégration dans un autre cadre d’emplois. Je pense qu’il y a là réellement un moyen de décloisonner et de casser ce "ghetto" du cadre d’emplois et que réfléchir sur les qualifications et les métiers c’est bien, mais il faut aussi aller au-delà et réfléchir sur la carrière et donc le statut. [2] »

La FA-FPT, fédération à laquelle est affiliée le SYNPER, a la même position sur le problématique cadre d’emplois des ATTEE, qui ne permet pas d’accéder à tous les métiers de la territoriale.

La Gazette, 14 mars 2011, pages 56 et s., Les ex-TOS dénoncent leur statut spécifique.
Interviewé par le journal, Jean-Christophe FLEURY, représentant la FA-FPT, indique clairement : « Ces cadres d’emplois s’apparentent à une "réserve d’Indiens". Ceux qui souhaitent en sortir voient les portes se refermer sans explication de leur hiérarchie » (...) « Les TOS n’ont pas le sentiment d’avoir été intégrés »

c) Et parfois la dégradation des conditions de travail

La libre administration des collectivités territoriales amène les collectivité à appréhender différement les missions données aux agents des lycées et des collèges et donc à gérer différemment le cadre d’emplois des ATTEE.

Les spécialités des agents peuvent être remises en cause par une organisation du travail où elles ne sont pas valorisées. Ces spécialités sont les suivantes :

  1. Agencement et revêtements ;
  2. Equipements bureautiques et audiovisuels ;
  3. Espaces verts et installations sportives ;
  4. Installations électriques, sanitaires et thermiques ;
  5. Lingerie ;
  6. Magasinage des ateliers ;
  7. Restauration.

Les agents d’accueil sont pénalisés. Tout d’abord parce que le cadre d’emploi ne permet pas de rester agent d’accueil et de progresser dans sa carrière. Mais aussi parce que le métier est dévalorisé. A la Région Île-de-France, le SYNPER lutte pour améliorer leurs conditions de travail mais s’oppose au mépris de l’exécutif pour ces agents.

CTP de la Région Île-de-France du 22 mai 2012
Intervention de Vincent CALLIES relative aux agents d’accueil : « Nous attirons une nouvelle fois votre attention sur les agents d’accueil. Je vous ai écrit, j’ai écrit à Mme SABBAN et je n’ai pas de réponse [3]. Mais je pense que ça devient une habitude. Le protocole syndical s’applique à nous mais ne s’applique pas à vous. Il n’est notamment pas acceptable de laisser ces agents faire 1 716 ou 1 896 heures pendant que les autres font 1 593 heures. Plus encore l’amplitude horaire barbare de 13 heures est maintenue alors que les autres agents ont une amplitude différente de 11 heures. En plus de ces horaires harassants, les agents d’accueil sont ceux pour lesquels la pause de 20 minutes est la moins respectée [4] Faut-il rappeler que l’audit que vous avez commandé donne comme résultat que ce sont les agents les plus défavorisés ? Alors pourquoi leur situation n’est-elle pas améliorée ? Pourquoi cet audit a-t-il été fait si l’on n’en tire pas toutes les conclusions ? »
(...)
« Comme vous le savez, je dis toujours ce que je pense, ce qui présente
l’avantage d’avoir un partenaire qui vous dit clairement son sentiment sur la représentation des salariés. Les agents d’accueil représentent près de 1 000 agents dans notre collectivité. Dans le département de Seine-et-Marne, ils ont le même taux horaire que les autres agents.(...) De surcroît dans le cadre d’emplois nous avons également les cuisiniers qui ont un logement de fonction et qui font les mêmes horaires que les autres. Ils sont simplement assortis d’astreintes. Enfin, je rappelle que nous ne sommes plus dépendants des règles de l’Education nationale et qu’il revient désormais à la Région de fixer la contrepartie de la mise à disposition des logements. Voilà trois bonnes raisons, M. le Président, pour pouvoir avancer sur la situation des agents d’accueil. Franchement, je pense que vous feriez une grosse erreur en vous comportant ainsi vis-à-vis de 1 000 agents et en ne leur donnant pas satisfaction. »

D’autres spécialités sont malmenées.

Il est difficile en étant un bon plombier d’exercer uniquement sa spécialité dans un bâtiment, s’il est petit. Et le cadre d’emplois place les plombiers dans la même spécialité que les électriciens et chauffagistes (« Installations électriques, sanitaires et thermiques ») et donc, statutairement, tout peut lui être demandé ! Certaines collectivités cherchent une solution pour maintenir des spécialités en créant des équipes mobiles techniques où les métiers peuvent être exercer pleinement.

Les cuisiniers peuvent voir leur métier disparaitre. Tel est le cas dans certaines collectivités qui choisissent de déléguer le service public de restauration à une entreprise privée. D’autres collectivités réfléchissent à une rationalisation du service de restauration en multipliant les cuisines centrales. Ce choix change radicalement les conditions de travail des salariés.


[1« Historiquement, le maintien quotidien des matériels et réseaux informatiques et leur administration dans les lycées et les collèges était généralement assuré par des enseignants auxquels étaient attribuées, pour cette fonction, des heures supplémentaires (HSE) délégués aux établissements, en fonction de leur taille. Même si cette situation a permis de maintenir en état de marche le matériel, il semble plus raisonnable de confier cette mission technique à des personnes dont c’est le métier. Aujourd’hui, des partenariats entre le ministère de l’éducation nationale et les collectivités territoriales se développent pour garantir une maintenance de l’équipement informatique des établissements publics locaux d’enseignement. Dans cette démarche partenariale, chacun fait porter ses efforts prioritairement sur les fonctions relevant de ses missions premières, l’accompagnement des utilisateurs dans leurs usages des TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’éducation) pour le ministère, la maintenance et l’accompagnement technique pour les collectivités territoriales. Des partenariats sont déjà engagés sur cette base dans certaines académies. Il en est ainsi pour l’académie de Poitiers, qui a passé des accords avec la région Poitou-Charentes, et avec les départements de la Charente, de la Vienne et des Deux-Sèvres. C’est également le cas, par exemple, pour l’académie de Strasbourg avec la région Alsace ou pour l’académie de Nantes avec la région Pays-de-Loire et le département de Loire-Atlantique ainsi que pour les académies d’Aix-Marseille et de Nice avec la région Paca et les départements des Bouches-du-Rhône et du Var. »

[2Peut après cette déclaration, lors du CTP du 22 mai 2012, Force Ouvrière a suivi le SYNPER sur cette revendication.

[4Le questionnaires sur l’évaluation de la
mise en oeuvre de la réglementation relative au temps de travail dans les
lycées présenté au CTP du 15 mars 2012 a été l’occasion de connaitre les éléments suivants : « Les agents d’accueil sont ceux pour lesquels la pause de 20 minutes
est la moins respectée, 28 % d’entre eux n’en disposent pas. »